


Le programme créatif pour sublimer vos étiquettes à coudre
Quels supports choisir pour sublimer vos étiquettes à coudre ?
Un guide complet des supports textiles utilisables pour créer des cadres et pimper vos étiquettes à coudre
TUTORIELS
Romarine
4/26/202621 min read
Une étiquette, ce n'est pas qu'un simple morceau de tissu avec un texte et/ou un motif. C'est une intention. Et comme toute intention, elle mérite d'être mise en valeur avec soin. Le support sur lequel elle va reposer est la première décision créative.
Cousue directement sur un tissu à motifs imposants et/ou de couleurs foncés, une étiquette peut avoir tendance à disparaître, se noyer ou se perdre. Bref, elle se voit peu... Non pas parce qu'elle soit mal choisie — mais parce qu'elle manque de contexte visuel pour exister pleinement.
C'est là qu'intervient le cadre.
L'idée est simple : avant de coudre votre étiquette sur votre création, il est possible de la fixer sur un morceau de matière découpé — cuir, feutrine, simili, tissu, liège… Ce morceau devient un cadre, un fond, une respiration visuelle entre l'étiquette et le tissu qui l'accueille. C'est l'ensemble — cadre + étiquette — qui est ensuite cousu sur la pièce finale.
Créer un cadre : pourquoi ?
Les supports ou matières pour créer votre cadre


Le cuir est une matière chargée de sens dans l'artisanat. Sa surface vivante, ses variations de grain, sa façon de vieillir avec grâce, en fait un support qui donne instantanément du caractère à une étiquette. Poser votre étiquette sur un cadre de cuir, c'est lui offrir un écrin de noblesse qui saura la mettre parfaitement en valeur.


Ce qu'il faut savoir sur le cuir ?
Il existe deux grandes familles de tannage du cuir (procédé qui transforme la peau brute en cuir) : les tannages naturels à base végétale, plus respectueux de l'environnement et au rendu plus vivant, et les tannages industriels chimiques, plus uniformes mais moins intéressants pour nos usages créatifs. Pour les cadres d'étiquettes, on privilégiera les premiers quand cela est possible.
Au-delà du tannage, le cuir se décline aujourd'hui en deux grandes catégories :
Les cuirs d'origine animale — issus principalement de vache, chèvre, mouton ou porc. Le cuir de vache reste une référence en maroquinerie : solide, disponible en de nombreuses épaisseurs, il offre une surface généreuse et stable. Il existe aussi des cuirs aquatiques et exotiques, moins accessibles et plus couteux.
Les cuirs végétaux alternatifs — une famille en plein essor, portée par la mode éthique et la créativité des matières. Le cuir de pomme (Appleskin), issu des résidus de l'industrie cidricole, offre une surface lisse et légèrement mate très agréable. Le cuir d'ananas (Piñatex), fabriqué à partir des feuilles de l'ananas, a une texture naturellement fibreuse et très graphique. Le cuir de cactus (Desserto), souple et résistant, se rapproche visuellement du simili de qualité tout en étant d'origine naturelle. Ces alternatives sont généralement moins accessibles mais elles ouvrent des possibilités créatives et éthiques intéressantes.


Les conseils pour créer vos cadres en cuir :
Choisissez une épaisseur de 1 à 1,5 mm — assez rigide pour tenir sa forme sous l'étiquette, assez fin pour se coudre sans difficulté.
Privilégiez les chutes de cuir : pour des cadres d'étiquettes, de petits morceaux suffisent largement et cela permet d'exploiter pleinement cette matière en limitant les déchets.
Pour les cuirs végétaux alternatifs, commencez par commander un échantillon avant d'investir — la qualité et le rendu varient beaucoup selon les marques et les lots.




Avant toute découpe, une règle fondamentale : prévoir une marge d'au moins 5 à 7 mm autour de votre étiquette sur chaque côté. C'est cette marge visible qui crée l'effet de cadre et permet à l'étiquette de respirer. En dessous, l'œil ne perçoit plus le cadre — il voit juste une étiquette avec un bord. Au-delà de 15 mm, le cadre prend le dessus sur l'étiquette. La zone idéale se situe entre 7 et 12 mm selon le format.
Si vous découpez votre cuir manuellement et que vous souhaitez produire plusieurs cadres identiques, créez un gabarit de votre forme dans du carton épais, du plastique de récupération ou du mylar (film transparent rigide). Tracez le contour au dos du cuir et découpez.
Les ciseaux — solution de dépannage, pas idéale pour le cuir. Les ciseaux classiques écrasent le bord au lieu de le trancher, ce qui donne un bord légèrement comprimé et irrégulier. Si vous utilisez des ciseaux, choisissez des ciseaux de couture bien aiguisés et réservez-les exclusivement au cuir — une lame émoussée déchire au lieu de couper.
Les ciseaux cranteurs — une option très intéressante pour les cadres aux bords décoratifs. Il en existe avec des lames en zigzag ou en vagues (ferstonnées). Sur le cuir, le bord cranté est net et très graphique — il devient lui-même un élément décoratif du cadre.
Le cutter — l'outil de référence pour la découpe droite. Une lame neuve, une règle en métal et un tapis de découpe : on obtient des bords parfaitement nets en un seul passage. Changer la lame régulièrement — une lame émoussée écrase le cuir plutôt qu'elle ne le tranche. Pour les angles, marquer le coin avec une petite entaille avant de prolonger la découpe évite les dépassements.
Le stylet de découpe — similaire au cutter mais avec une lame qui suit les courbes naturellement. Idéal pour les formes arrondies (coins arrondis, ovales, formes organiques).
La machine de découpe (type Cricut ou Silhouette) — la solution la plus précise pour les formes complexes et les séries. Le cuir fin (jusqu'à 1 mm environ) passe dans la plupart des machines de découpe avec le bon réglage et une lame adaptée. Sur Cricut, utiliser la lame Knife Blade pour le cuir ; sur Silhouette, augmenter la force et réduire la vitesse. Utilisez un tapis "Strong Grip" et/ou collez le cuir sur le tapis avec un spray repositionnable pour éviter qu'il glisse pendant la découpe (attention : certains cuirs altèrent considérablement le tapis).
Les outils de découpe, du plus accessible au plus précis :




Placez votre étiquettes sur votre cadre en cuir, en la centrant : évitez les épingles — elles laissent des trous permanents. Vous pouvez pré-fixer votre étiquette à l'aide de d'une colle temporaire pour textiles.
Pour la couture à la machine à coudre, utilisez une aiguille spéciale cuir — sa pointe triangulaire tranche la fibre au lieu de la percer, ce qui évite les déchirures. Une taille 90 ou 100 convient pour les épaisseurs courantes des cadres d'étiquettes.
Allonger le point — un point trop court perfore le cuir en ligne rapprochée et fragilise la couture, comme des pointillés qu'on découpe. Un point de 3 à 3,5 mm est idéal. Réduire légèrement la tension du fil évite que le cuir se plisse.
Le cuir peut avoir tendance à coller à la semelle classique et avance mal, voire pas du tout. La solution : un pied téflon ou rouleau, qui glisse sur la surface sans l'accrocher. À défaut, glisser une bande de papier de soie sous la pièce fonctionne aussi en dépannage.
Optez pour un fil polyester standard (n°50 ou n°40) — le plus polyvalent — ou un fil polyester épais (n°30, type jean ou top-stitch) — pour un point de couture visible qui devient lui-même un élément décoratif du cadre.
Au début et à la fin de votre couture, ne faites pas de retours arrière pour arrêter votre couture — tirez vos fils sur l'arrière du cuir et nouez-les à la main pour bloquer votre couture.




Le simili cuir est le support idéal pour celles qui veulent un résultat professionnel sans investir dans du cuir véritable. Contrairement au cuir, il ne se patine pas — ce qui peut être un avantage si vous voulez un rendu net et constant.
Le simili cuir est un tissu support (tricot ou tissé) recouvert d'une couche synthétique qui imite la surface du cuir. Deux grandes familles coexistent :
Le simili PVC — plus rigide, surface très lisse et brillante, excellente résistance à l'eau et aux taches. Son aspect très net et uniforme convient particulièrement aux compositions graphiques et modernes. Il est en revanche moins agréable à coudre que le PU, et son brillant peut parfois faire "plastique" selon la qualité.
Le simili PU (polyuréthane) — plus souple, toucher plus agréable, surface mat ou légèrement satinée. Il se rapproche davantage du cuir véritable visuellement et au toucher.




Les conseils pour créer vos cadres en simili cuir :
Pour l'épaisseur, 0,8 à 1,2 mm est idéal — suffisamment rigide pour tenir sa forme comme cadre, suffisamment souple pour se coudre facilement.
Le simili cuir se découpe avec les mêmes outils que le cuir véritable.
Les mêmes recommandations de fil s'appliquent que pour le cuir — polyester standard ou épais selon l'effet souhaité.
Le simili étant plus souple que le cuir, une aiguille universelle neuve suffit dans la plupart des cas. Si le simili est épais ou très rigide (PVC), passer quand même à une aiguille cuir pour plus de confort.
Pour éviter que le simili colle à la semelle de la machine, même conseil que pour le cuir : semelle téflon ou rouleau, ou bande de papier de soie en dépannage.


La feutrine est une matière non tissée obtenue par feutrage de fibres — la chaleur et la pression agglomèrent les fibres entre elles sans trame ni chaîne. Résultat : une surface homogène, douce, légèrement duveteuse, qui ne s'effiloche pas sur les bords. C'est souvent la première matière avec laquelle on travaille en couture créative.
Ce qu'il faut savoir sur la feutrine ?
On peut distinguer deux types de feutrine :
La feutrine acrylique — la plus courante, la moins chère. Disponible dans une palette de couleurs très large, elle supporte modérément la chaleur et peut légèrement se déformer si on insiste.
La feutrine laine ou laine/viscose — plus dense, plus noble, elle possède une meilleur tenue dans le temps. Elle supporte mieux la chaleur et le vieillissement. Son toucher est plus agréable et son aspect plus raffiné. Elle est aussi un peu plus chère et moins disponible en couleurs vives.




Les conseils pour créer vos cadres en feutrine :
Pour des cadres d'étiquettes, une épaisseur de 1,5 mm est idéale : assez rigide pour tenir sa forme sous l'étiquette, assez souple pour se coudre facilement. Trop fine, la feutrine a tendance à s'affaisser et à être légèrement transparente pour les couleurs claires.
La découpe peut se faire avec les mêmes outils présentées précédemment.
Testez toujours sur une chute avant d'appliquer de la chaleur — chaque marque de feutrine réagit différemment.
Contrairement au cuir et au simili, les épingles sont tout à fait utilisables sur la feutrine. Les trous se referment d'eux-mêmes sur cette matière non tissée. Vous pouvez pré-fixer votre étiquette à l'aide de d'une colle temporaire pour textiles.
Une aiguille universelle neuve suffit (taille 75 ou 80).
Pour le fil, optez pour un fil polyester standard (n°50) dans les tons de la feutrine pour une couture discrète, ou fil contrastant épais (n°30) si vous souhaitez que le point de couture devienne un élément décoratif. Sur la feutrine, un beau point de surpiqûre apparent en fil contrastant est très joli — il renforce l'aspect artisanal et fait écho à la couture main.
Un point de longueur moyenne (2,5 à 3 mm) est idéal. Un point trop court comprime la feutrine et peut la faire plisser ; un point trop long manque de solidité sur cette matière souple.
La feutrine est souple et a tendance à s'étirer légèrement sous le pied presseur. Réduire très légèrement la tension supérieure et ne pas tirer sur la matière en cousant. Si la feutrine a tendance à onduler, glisser une bande de papier de soie dessous pendant la couture — il s'arrache facilement après sans laisser de trace.
Si vous souhaitez un cadre bien rigide, collez une fine couche d'entoilage thermocollant au dos de la feutrine avant de couper — cela lui donne beaucoup plus de tenue sans alourdir la pièce.
Couture à la main : la feutrine se prête très bien à la couture main, notamment au point de feston sur les bords, qui est à la fois fonctionnel et très décoratif. C'est une finition typique de la feutrine, immédiatement reconnaissable et très appréciée dans l'univers créatif.


Il s'agit d'une matière unique à l'aspect cuir, à mi-chemin entre le tissu et le papier. Ce papier créatif lavable, est né en Allemagne il y a plus de 60 ans. Il est fabriqué à partir d'un mélange de cellulose et de latex. Il devient plus souple et plus rugueux après lavage, avec un aspect qui se rapproche du cuir. Plus il est lavé, plus il gagne en souplesse.
Ce qu'il faut savoir sur le SnapPap ?
Il existe en quatre versions :
Le SnapPap Classic — la version de base, non traitée. Assez rigide à la livraison, il gagne en souplesse et en texture à chaque lavage. Un prélavage à 40°C avant utilisation est fortement conseillé pour l'assouplir et révéler sa texture — plus il est lavé, plus il ressemble au cuir.
Le SnapPap Plus — version pré-nappée, déjà souple et grainée à la livraison. Prêt à l'emploi sans prélavage. C'est la version à privilégier pour les cadres d'étiquettes — on travaille directement avec le rendu final, sans surprise.
Le SnapPap Effect — version à l'aspect métallique, or ou argent. Très graphique, il est idéal pour les compositions qui jouent sur le contraste mat/brillant.
Le SnapPap Design — version imprimée du SnapPap classique.
La palette de couleurs disponible est assez limitée : blanc, naturel, noir, gris, brun, et plusieurs métallisés selon les revendeurs.




Les conseils pour créer vos cadres en SnapPap :


Les ciseaux — une bonne paire de ciseaux à papier ou des ciseaux universels bien aiguisés donnent des bords nets. Les ciseaux cranteurs fonctionnent très bien sur le SnapPap et donnent un bord décoratif immédiat.
Le cutter rotatif — l'outil idéal pour les découpes droites et précises. Associé à une règle métallique et un tapis de découpe, il donne des bords parfaits en un seul passage.
La machine de découpe — le SnapPap passe très bien dans les Cricut et Silhouette. Utiliser le réglage Vinyl épais ou SnapPap si disponible. Fixer le SnapPap sur le tapis avec un spray repositionnable pour éviter tout glissement.
Les emporte-pièces — ils fonctionnent parfaitement, même sans maillet. La résistance du SnapPap est suffisamment faible pour qu'une pression de la main suffise sur les épaisseurs courantes.
Le SnapPap se découpe facilement — mais avec un outil dédié, pas vos ciseaux à tissu. Sa teneur en papier émoussera rapidement des lames de couture.


L'aiguille — une aiguille universelle neuve taille 80 ou 90 suffit dans la plupart des cas. Choisir une aiguille fine plutôt qu'épaisse — plus l'aiguille est grosse, plus le trou de piqûre sera large et visible sur le SnapPap.
Le fil — polyester standard (n°50) pour une couture discrète. Le SnapPap étant souvent utilisé pour son aspect naturel et artisanal, un fil dans les tons ou légèrement contrastant donne un joli résultat. Éviter le fil coton qui résiste moins bien dans le temps.
Le point — un point long de 3 à 3,5 mm est recommandé. Un point trop court multiplie les perforations rapprochées et crée des lignes de fragilité, comme des pointillés qu'on découperait — à éviter absolument.
Les épingles — jamais. Comme pour le cuir et le simili, les trous sont permanents. Utilisez des pinces pré-fixez votre étiquette à l'aide de d'une colle temporaire pour textiles.
Le pied presseur — le SnapPap peut légèrement coller à une semelle classique. Une semelle téflon ou rouleau est préférable pour un avancement fluide.


Le liège fait partie de ces matières dont on ne pense pas forcément à utiliser en couture créative — et pourtant, dès qu'on le découvre, on se demande comment on a pu s'en passer. Sa surface naturellement granuleuse et chaleureuse, son odeur discrète de bois, sa légèreté surprenante — tout en lui est singulier. Pour un cadre d'étiquette, il crée un univers immédiatement identifiable, entre artisanat et modernité.
Ce qu'il faut savoir sur le liège ?
Le liège utilisé en couture créative est ce qu'on appelle le cork fabric — une feuille de liège naturel très fine collée sur un support textile (généralement un backing en polyester). Ce support textile lui donne de la souplesse et lui permet de se coudre comme un tissu classique, tout en conservant la surface et le toucher du liège.
Il existe en différentes épaisseurs totales : de 0,5 à 0,8 mm pour les formats fins et légers, jusqu'à 1,2 mm pour des pièces plus structurées. Pour des cadres d'étiquettes, les formats fins sont généralement suffisants et plus faciles à coudre.
On le trouve en teinte naturelle (brun chaud, légèrement marbré) mais aussi en versions teintées ou imprimées — bien que la version naturelle soit de loin la plus adaptée pour la réalisation de vos cadres.






Les conseils pour créer vos cadres en liège :
L'aiguille — une aiguille Microtex taille 80/12 est idéale pour le tissu de liège. Sa pointe étroite et acérée pénètre la surface du liège de façon plus nette, sans l'écraser. Choisir une aiguille neuve — une aiguille émoussée risque de déchirer la surface plutôt que de la percer proprement.
Le fil — un fil polyester standard n°50 pour une couture discrète, ou polyester épais n°30 si vous souhaitez un point de surpiqûre apparent et décoratif. Éviter le fil coton, moins résistant dans le temps sur cette matière.
Le point — un point long de 3 à 3,5 mm est recommandé, comme pour le cuir. Un point trop court multiplie les perforations rapprochées et fragilise la surface du liège. Ne pas faire de points arrière en début et fin de couture — nouer les fils à la main à l'arrière de l'ouvrage, pour éviter de perforer inutilement la même zone. Réduire légèrement la tension de votre machine. Le liège, bien qu'il ne soit pas extensible, peut légèrement se gondoler si la tension est trop forte. Tester toujours sur une chute avant de coudre la pièce définitive.
Les épingles — même règle que pour le cuir et le simili : les perforations sont définitives sur le liège donc évitez d'utiliser des épingles. Privilégiez les pinces ou la colle temporaire.
Le pied presseur — le liège a un comportement similaire au cuir : il a tendance à coller à la semelle standard et à mal avancer sous le pied. Deux solutions efficaces : un pied téflon ou anti-adhésif, qui glisse sur le tissu de façon optimale, ou à défaut, du papier sulfurisé glissé entre le tissu et le pied presseur — une fois la couture terminée, on arrache le papier délicatement.




Bonne nouvelle : le liège est l'un des supports les plus agréables à découper. Sa surface ne s'effiloche pas, sa coupe est nette, et aucune finition de bord n'est nécessaire après découpe — le bord brut est déjà propre et fait partie du charme de la matière.
Le gabarit — indispensable dès qu'on produit plusieurs cadres identiques. Tracer le contour sur l'envers du liège — l'envers (le côté backing textile) se marque facilement sans abîmer la surface visible.
Les ciseaux — prévoir une paire dédiée, séparée de vos ciseaux à tissu. La fine couche de liège émousse rapidement les lames de couture. Des ciseaux universels bien aiguisés ou des ciseaux à papier costauds donnent une coupe nette et franche. Les ciseaux cranteurs fonctionnent très bien sur le liège et donnent un bord décoratif immédiat, particulièrement joli sur cette matière.
Le cutter rotatif — l'outil idéal pour les lignes droites et les angles nets. Associé à une règle métallique et un tapis de découpe, il donne des bords parfaits. Préférer une lame neuve — une lame émoussée a tendance à tirer légèrement la surface du liège plutôt qu'à la trancher.
La machine de découpe — le liège fin (0,5 à 0,8 mm) passe bien dans les Cricut et Silhouette. Utiliser le réglage simili cuir ou vinyl épais, avec une lame adaptée. Fixer le liège sur le tapis avec un spray repositionnable côté backing pour éviter tout glissement. Résultat très précis, idéal pour les coins arrondis et les formes travaillées.
A éviter : ne pas plier brusquement le liège lors de la découpe ou de la manipulation — il peut se fissurer sur la surface si on le contraint trop fortement. Travailler à plat, sur une surface dure et stable.



Le tissu est le support le plus accessible de tous et vous pourrez utiliser vos chutes de tissus pour faire de jolis cadres. Mais c'est aussi le support qui demande le plus de soin dans la préparation : contrairement au cuir, au simili ou au liège, le tissu s'effiloche, se déforme et peut manquer de tenue si on ne le prépare pas correctement. Mais avec les bonnes finitions, un cadre en tissu peut être absolument impeccable — et infiniment personnel.
Choisir le bon tissu pour son cadre
Tous les tissus ne conviennent pas à la réalisation d'un cadre d'étiquette. Les meilleurs candidats sont les tissus qui ont naturellement de la tenue, une texture intéressante et une certaine épaisseur. Certains tissus sont techniquement utilisables comme cadres, mais uniquement s'ils sont entoilés au préalable — sans quoi ils se déforment, s'effilochent ou manquent totalement de tenue. Voici ceux qui fonctionnent le mieux et ceux à éviter :


Les finitions des bords : comment obtenir un cadre net ?
C'est le point central de la fiche tissu — c'est la finition qui fait toute la différence entre un cadre approximatif et un cadre impeccable. Voici les quatre grandes méthodes, de la plus simple à la plus soignée :
Le point zigzag ou le surjet — la solution la plus rapide. Passer les bords découpés au point zigzag serré (ou à la surjeteuse si vous en avez une) immédiatement après la découpe, avant que les fils ne commencent à se défaire. C'est une finition fonctionnelle qui convient parfaitement aux cadres cousus à plat sur une création. Un surjet bien réglé en fil coordonné peut même devenir un détail décoratif visible.
Le point de bourdon — un zigzag très serré et dense, réalisé à la machine autour du bord fini. Le point de bourdon "enrobe" la tranche du tissu et crée un bord net, légèrement épaissi, qui ne s'effiloche pas. C'est la finition des patchs brodés — elle donne au cadre un aspect très fini et professionnel, et peut être réalisée en fil contrastant pour un effet décoratif assumé. Idéal sur jean, toile et lin.
Le rentré intérieur — la finition la plus propre et la plus discrète. On coupe le cadre avec une marge supplémentaire de 7 à 10 mm tout autour, on repasse ce surplus vers l'intérieur (vers l'envers du cadre), et on le coince sous le cadre avant de coudre. Résultat : aucun bord visible, une tranche parfaitement nette.
Le soin des coins en rentré intérieur — c'est souvent là que tout se joue. Deux techniques selon le rendu voulu :
Pour un coin droit : couper l'excédent en diagonale très près du coin (à 2 mm) avant de replier — cela élimine l'épaisseur superflue et permet un angle parfaitement net sans bosse.
Pour un coin arrondi : entailler la marge de couture en petits crans tous les 3 à 4 mm sur la courbe avant de replier — les crans permettent à la marge de se répartir sans plisser.
Dans les deux cas, repasser soigneusement les bords repliés au fer à repasser et épingler avant de coudre.
La doublure — on coupe deux épaisseurs de tissu à la même taille (l'endroit et la doublure), on les assemble endroit contre endroit en laissant une petite ouverture pour retourner, on coupe les angles, on retourne, on repasse, et on ferme l'ouverture au point glissé. Le cadre obtenu est double épaisseur, parfaitement fini des deux côtés, très stable, et peut accueillir votre étiquette sur l'endroit avant assemblage finale sur votre création. C'est la technique à privilégier pour les cadres en velours ou en jacquard où la technique du rentré peut ne pas être totalement satisfaisante.
Le passepoil — la finition la plus aboutie et décorative, celle qui transforme le cadre en véritable élément de style. Un passepoil est un cordonnet recouvert de tissu, cousu sur les bords du cadre de façon à ce qu'il dépasse légèrement sur le bord visible. Ce liseré en relief crée une ligne nette, colorée ou contrastée, qui souligne le contour du cadre et lui donne un aspect très fini. Il suffira ensuite de piquer le cadre plaqué contre votre ouvrage, les bords à cru du passepoil vers l'intérieur et sur l'envers du cadre : coudre au niveau de la gouttière, c'est-à-dire entre le passepoil et le tissu du cadre.
Vous avez maintenant toutes les cartes en main pour choisir le support qui donnera à votre étiquette l'écrin qu'elle mérite. Cuir noble ou tissu familier, liège surprenant ou SnapPap rassurant — chaque matière a son caractère. Choisissez celui qui vous ressemble, préparez-le avec soin, et laissez votre étiquette faire le reste. Et si l'envie vous prend de partager votre première création avec le hashtag #pimpetonetiquette — on sera là pour l'admirer
Dans le prochain tuto, nous passerons à l'étape suivante : comment décorer ce cadre pour aller encore plus loin. Broderie, flex, tamponnage, dorure — la suite promet d'être aussi riche que ce premier chapitre.


J'espère que ces quelques idées ont pu illustrer la palette des possibilités offertes pour pimper votre étiquette et qu'elles pourront vous inspirer dans vos futures créations.


Couturement votre...
Le mot de la fin...
Ce cadre peut changer complétement la visibilité de votre étiquette. Sur un manteau à carreaux, un carré de cuir camel fait ressortir l'étiquette de manière évidente. Sur une veste noire, un rectangle de lin naturel crée le contraste qui pouvait manquer. Sur un tissu fleuri chargé, un fond de feutrine unie donne à l'œil un endroit où se poser.
C'est aussi une façon d'apporter une deuxième dose de personnalité à vos créations. L'association cadre et étiquette témoigne de votre créativité, de vos choix et ce détail de customisation textile devient votre signature.
Ce premier tuto du programme "Pimpe ton étiquette" passe en revue divers supports, avec pour chacun ses atouts, son caractère et ses limites, pour que vous aider dans vos choix et projets de personnalisation textile.


Etiquette "Explore the world" posée sur un cadre de chambray (Crédit : @bidules_dursulle)
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